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Le projet de naissance
 


Quelques informations pour le préparer

Le dialogue avec le monde médical est encore loin de se faire sans heurts ou confrontations. Il est malheureusement un passage trop souvent obligé pour que les parents et leurs bébés se fassent respecter tels des interlocuteurs à part entière. Le projet de naissance est donc difficile à faire appliquer dans certains lieux, mais ce n'est pas impossible. Toutefois, le changement ne peut s'amorcer que si la discussion n'est plus sur le mode de la soumission qui est trop souvent de rigueur, mais sur le mode de l'information et de la prise de décision. Savoir que l'on a des droits et exiger leur application permet de répondre en partie à la question (récurrente) : "comment concrètement refuser une épisiotomie (ou tout autre acte médical) ?"

Il est évident que les "négociations" sont bien plus difficiles lorsque la grossesse est avancée, et que la femme, le couple, a envie de faire son nid plutôt que de batailler. C'est pour cela qu'il est important de travailler en amont.

Pour tels passages du projet de naissance, on vous dit non à cause du médico-légal ? Qu'à cela ne tienne, la réponse pourra être sur le même mode, textes du Code la santé publique à l'appui. Pour tel autre passage, on vous dira non à cause de votre santé ou de celle du bébé ; idem, les études médicales, les conseils de l'OMS, du rapport ministériel Bréart, la loi (voir ci-après) etc. appuieront favorablement vos demandes. L'AFAR peut également être un soutien en jouant un rôle de médiation avec l'équipe médicale et apporter aux parents les informations pour étayer leurs demandes. En dernier recours, un avocat affilié à l'association pourra également défendre les droits des parents.

Sophie Gamelin et Martine Herzog-Evans ont écrit (Les droits des mères, vol.1) qu'il "est de jurisprudence constante que la responsabilité du médecin ou de la sage-femme se fonde sur un contrat qui le lie au patient (Cass. Civ., 20 mai 1936, Mercier, D.P. 1936, I, 88, rapp. Josserand, concl. Matter, note E.P.)." Cet arrêt Mercier est fondamental car de nombreux professionnels ne savent pas qu'ils ont ce "contrat" tacite avec leur patient et donc refusent de signer ou donner leur aval à un projet de naissance. Pourtant signature ou pas, il y a bien CONTRAT, c'est ce qu'on appelle en matière de responsabilité civile le "contrat de soins" (cf. l'article 32 du Code de déontologie médicale).

La susceptibilité des médecins est moins importante que la santé et l'intégrité psychique et physique de la future mère ! L'anecdote suivante illustre parfaitement les réactions qui peuvent survenir lorsque la consultation ne repose plus sur l'autorité qui serait dévolue au praticien de santé. Vraiment outré qu'une femme enceinte refuse un toucher vaginal, un chef de clinique a rétorqué : "C'est moi le chef ici !". Manifestement, il avait "oublié" que l'article L 1111-4 du CSP permet au patient d'opposer un refus devant tout acte médical. Concernant son corps, c'est bien au patient d'être le "chef" et seul décisionnaire. Il en va de même pour une épisiotomie et tout autre acte médical (rasage de la vulve, sonde, perfusion, etc.).

 

En pratique :

AVANT l'accouchement